Sous l’Empire britannique, 500 permis de chasse au tigre étaient délivrés chaque année. Après l’indépendance de l’Inde, ce quota officiel demeura inchangé, mais les exportations atteignirent jusqu’à 6 000 peaux de tigre par an, révélant l’ampleur du braconnage et du commerce illégal. En 1973, à l’alerte d’Anne Wright (WWF Inde), la Première ministre Indira Gandhi lança le Projet Tiger et la loi de protection de la faune. Neuf réserves furent créées, permettant un début de sauvetage de l’espèce avec des résultats prometteurs pendant la décennie qui suivit.

Peaux de tigres massacrés

Toutefois, dans les années 1990, le braconnage connut une recrudescence alarmante. Belinda Wright, alors photographe pour National Geographic, se mobilisa activement et fonda la Wildlife Protection Society of India (WPSI), une organisation dédiée à la lutte contre ce fléau. Grâce à des enquêtes infiltrées et un réseau d’informateurs dans les villages, elle permit le démantèlement de nombreux réseaux. De 2013 à 2023, ces efforts conjoints ont permis une accalmie dans le braconnage, accompagnée de mesures gouvernementales de compensation pour les éleveurs.

Menaces persistantes

Aujourd’hui, les collets posés pour la viande de brousse continuent de tuer des tigres. La croissance démographique grignote les zones protégées et les tigres quittent souvent les réserves, accroissant les conflits avec les humains. Sur 58 réserves, seules 18 sont correctement protégées.

Tigre dont la patte avant gauche est prise au piège

Retour du trafic illégal

Depuis 2023, la demande asiatique a relancé le trafic. Les os et peaux de tigres atteignent des prix records et les braconniers, mieux équipés et décentralisés, deviennent plus difficiles à traquer. Les anciens savoir-faire criminels se transmettent, et de nouvelles technologies (cryptage, transferts numériques) compliquent les enquêtes.

L’espoir reste permis

Les tigres font preuve d’une étonnante résilience : nocturnes, mobiles et adaptables, ils peuvent parcourir jusqu’à 600 km en trois semaines. Leur survie dépendra de notre capacité à adapter nos stratégies de conservation.

Comme le dit Belinda Wright : « Tout pour les tigres ! »